Perfection

Perfection
"Dans les temps difficiles, il y a un type d'homme qui, après avoir rendu au malheur la minute de silence qui lui est due, se redresse, intact, et sans effort domine tout événement. Doué de quelque chose de protéen et d'ulysséen, qui presque dans l'instant s'adapte à la situation nouvelle, qui presque dans l'instant se cicatrise et refleurit ; qui barré ici, ressort là ; qui enfin est la vie avec sa vigueur, sa malice et son élasticité ; et qui jouit d'être cela, les autres hommes en étant pour la plupart si différents ; et qui jouit de cette épreuve même dont il tire l'occasion de jouir ainsi de soi. Souple comme la flamme et libre comme l'eau.
Au sommet de cet homme, je vois une sorte de sourire. Ce n'est pas le sourire de sa pensée la plus profonde. Ce n'est pas le sourire du courage, qui est contrainte. Ce n'est pas le sourire qui est une discipline (celui, par exemple, du Japonais ou du scout). C'est un sourire spontané et serré, analogue au sourire mystérieux de l'artiste, et non pas plus que lui de tout repos : c'est le sourire de la souveraineté."

Henri de Montherlant

Le Torero hallucinogene, by Dali, 1968

# Posté le jeudi 16 août 2007 08:15

Hic & nunc.

Hic & nunc.
"Il est bien, il est salutaire de sentir que demain l'on peut tuer ou être tué. Une corne d'abondance est dans les mains de la vie menacée. Regarder, aimer, posséder, toujours comme si c'était la dernière fois. « Plus tard » murmure l'espérance, cette volonté des faibles. Mais il n'y a pas de « plus tard » et c'est pourquoi les choses se font. Il y a un instant. Qu'il soit à moi."

Henri de Montherland



Montre molle au moment, by Salvador Dali, 1954
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# Posté le jeudi 16 août 2007 08:09

Eloge de la différence, de la qualité et de notre beau pays.

Eloge de la différence, de la qualité et de notre beau pays.

"J'ai connu ces copies d'écolier, les miennes et celles d'un passé récent, où toute vue et toute expression un peu fraîches, un peu originales, étaient notées ironiquement par le maître; où, à la lettre, tout ce qui avait de la valeur était tenu pour fautif. Et, songeant à l'intelligence, à la volonté et au courage qu'il faut pour échapper au consensus omnium, j'aime à me rappeler ce texte de Suart Mill: "Le simple exemple de non-conformité, le simple refus de s'agenouiller devant la coutume est en soi-même un service rendu à la société. Précisément parce que la tyrannie est telle qu'elle fait un crime de l'excentricité, il est déseirable, afin de broyer cette tyrannie, que les hommes soient excentriques. L'excentricité et la force de caractère marchent toujours de pair, et la somme d'excentricité contenue dans une société est généralement proportionnelle à la somme de génie, de vigueur intellectuelle et de courage moral qu'elle renferme."

Il ne s'agit pas, bien entendu, d'honorer l'excentricité en tant qu'excentricité, mais de faire des enfants, c'est à dire des hommes, qui tiennent assez à leur sens pour s'insurger contre le vulgaire et le bas, même quand ce vulgaire et ce bas ont pour eux le consentement de tous. Sénèque a écrit cette pensée intéressante: "Un enfant ne peut pas mépriser." Il s'agit d'apprendre aux enfants, c'est à dire aux hommes, à mépriser, et ce qu'ils doivent mépriser.
On dira: "Vous allez faire de perpétuels opposants."

Mais quiconque prend une morale au sérieux n'est il pas un perpétuel opposant, -un opposant à tout ce qui heurte cette morale? Et, par exemple, quelle sorte de chrétien, ou quelle sorte de philosophe, sont le chrétien et le philosophe qui ne sont pas de perpétuels opposants? Toutes les grandeurs humaines, philosophiques ou religieuses, ont en commun d'être des oppositions. Et puis, la France contemporaine étant ce qu'elle est, un Français ne peut être quelqu'un de bien que s'il s'oppose. Vous me direz encore, peut-être: "Ne créons pas des êtres d'exception." Alors, il faudrait ne pas créer d'élites. Car enfin, qu'est-ce qu'une élite, si ce n'est pas une minorité d'exceptionnels? Créons, au contraire, des individus qui se croient et se disent les meilleurs, et qui même les soient."

Stendhal
, Le solstice de Juin


Une excquise anecdote arabe:
"Un persan, étant tombé malade, fait mettre en liberté tous les oiseaux de ses volières, sauf le rossignol, qu'on garde prisonnier à cause de la beauté de son chant".

Chaque individu est libre de tracer sa route, est-ce vivre que de suivre celles déjà bâties?




Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau by Dali, 1934
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# Posté le jeudi 16 août 2007 08:00

Modifié le jeudi 16 août 2007 08:17

Un petit rien dérangeant s'envola

Un petit rien dérangeant s'envola
Je suis là, éclairé par Bach, bercé de noir, flapi.
Et je me dis, las, qu'il y a cette chose, ici ou là, qui ne va pas.

Tous nous nous construisons. Nous devenons ce que nous choisissons d'être, ce que nous désirons être. Mais au final, avez-vous un rêve ? Je ne parle pas de fantasme, je ne parle pas de ce désir d'avoir une villa Hollywoodienne vaste comme l'océan qu'elle nimbe, 20 Lamborghini rutilantes et une cour d'admiratrices hystériques.
Je vous parle de ce rêve qui vous prend par le col et vous fait avancer. Je vous parle de ce rêve qui vous fait rebondir quand vous effleurez l'asphalte ou vous hisse quand vous sombrez dans quelques boyaux purulents.
Vous m'objecterez, avoir une villa à LA, 20 magnifiques chars et de nombreuses coquettes peut-être un rêve, réalisable et motivant. Mais alors, il faudrait y croire et s'en donner les moyens.
Ce rêve ne doit pas être une simple destination chimérique, il doit être un chemin, son chemin.

Et je me rendais compte, que je vivais, mais que je n'avais pas encore de chemin.
Je ne respirais pas, au mieux je toussotais.

Mais un désir, n'entrainera-t-il pas un nouveau désir ? Une fois atteint que faire ?

Ce rêve doit ainsi être ample et douillet, vague mais suffisamment réaliste. Nous devons définir des paliers, énumérer les témoins de notre réussite.
Mais prenons garde. A s'engager et suivre notre chemin, et surtout à ne pas réifier notre bonheur.

Que voulez-vous faire dans 10 ans ? Que voulez-vous posséder dans 10 ans ? Qui voulez-vous être dans 10 ans ?

Ce soir, mes songes auraient donc une mission.

# Posté le mardi 14 août 2007 19:16

Le vrai problème...

Le vrai problème...
C'est qu'au lieu de savoir qu'on croit, on croit que l'on sait

Femmes à tête de roses, by Dali, 1935

# Posté le mardi 14 août 2007 12:03

Modifié le mardi 14 août 2007 14:45