"Dans les temps difficiles, il y a un type d'homme qui, après avoir rendu au malheur la minute de silence qui lui est due, se redresse, intact, et sans effort domine tout événement. Doué de quelque chose de protéen et d'ulysséen, qui presque dans l'instant s'adapte à la situation nouvelle, qui presque dans l'instant se cicatrise et refleurit ; qui barré ici, ressort là ; qui enfin est la vie avec sa vigueur, sa malice et son élasticité ; et qui jouit d'être cela, les autres hommes en étant pour la plupart si différents ; et qui jouit de cette épreuve même dont il tire l'occasion de jouir ainsi de soi. Souple comme la flamme et libre comme l'eau.
Au sommet de cet homme, je vois une sorte de sourire. Ce n'est pas le sourire de sa pensée la plus profonde. Ce n'est pas le sourire du courage, qui est contrainte. Ce n'est pas le sourire qui est une discipline (celui, par exemple, du Japonais ou du scout). C'est un sourire spontané et serré, analogue au sourire mystérieux de l'artiste, et non pas plus que lui de tout repos : c'est le sourire de la souveraineté."
Henri de Montherlant
Le Torero hallucinogene, by Dali, 1968
Au sommet de cet homme, je vois une sorte de sourire. Ce n'est pas le sourire de sa pensée la plus profonde. Ce n'est pas le sourire du courage, qui est contrainte. Ce n'est pas le sourire qui est une discipline (celui, par exemple, du Japonais ou du scout). C'est un sourire spontané et serré, analogue au sourire mystérieux de l'artiste, et non pas plus que lui de tout repos : c'est le sourire de la souveraineté."
Henri de Montherlant
Le Torero hallucinogene, by Dali, 1968



